Les techniques de taille Introduction :

La taille des plantes n’est pas forcément indispensable. Dans la nature, les plantes poussent très bien sans l’intervention de l’homme. Avant de tailler une plante il faut absolument se poser les questions suivantes : - Quelle plante vais-je tailler ? - Pourquoi vais-je la tailler ? - Comment va réagir la plante ?

Dans les tailles que vous pouvez observer la grande majorité est très mal effectuée ou inadaptée. Les plantes ont deux tailles différentes à mettre en œuvre : La taille de formation ou la taille d’entretien.

La taille de formation :

Trop souvent négligée, c’est elle qui est elle qui formera le futur arbre. On doit très régulièrement suivre la plante pour lui choisir les futures branches alors qu’elles ne sont que des rameaux.

La taille d’entretien :

Elle vise à maintenir le végétal dans une forme et un volume désiré. Si elle est effectuée régulièrement, elle va permettre de conserver les plantes dans un bon état sanitaire, sans bois mort, branches qui frottent les unes contre les autres ou branches noyées dans le cœur de la plante.

L’élagage :

Souvent transformée en opération de massacre organisé, un élagage bien fait peut être bénéfique ou rajeunir un arbre sans être visible ( eh oui...) et laisser passer la lumière, l'alléger pour éviter la prise au vent, et continuer la taille de formation. __



Définitions :

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Flèche : C’est la tete de l’arbre, elle est le prolongement du tronc et son avenir

Fourche : Division de flèche. Avec le temps il peut se créer des phénomènes d’écorce incluse qui fragilisent.

Rameau : Jeune pousse ou pousse secondaire d’une branche.

Charpentière Ensemble ou un des rameaux fondamentaux d’un arbre.

Gourmand : Pousse qui se développe à un endroit non désiré et souvent de manière vigoureuse.

Drageon : Rejet souterrain depuis les racines.

Collet : Zone de transition entre la tige et les racines.

Rejet : Repousse depuis une coupe.

Relais potentiel : = tire sève qui reprendra la croissance de la branche coupée.

Couronne : C’est la base du houppier.

Houppier : C’est l’ensemble des branches situées au dessus du tronc.

Cime : Ce peut être soit la flèche de l’arbre, soit la partie haute du houpier ( ex descente de cime ) ___

Détail des différentes tailles :

La taille de formation

Les bases logiques :

Sauf pour les cas particuliers des plantes adaptées ( têtards et têtes de chat), on ne diminue pas une plante de plus de 30% à la fois. Au-delà, cela risque de lui créer de grosses faiblesses. La meilleure taille ne peut remplacer un bon choix de départ.

Le suivi de la taille de formation va aussi dépendre de l’objectif du concepteur :

Un arbre non suivi durant sa jeunesse entrainera forcément de grosses interventions plus tard. Ces interventions risqueront de réduire la durée de vie de l’arbre.

Les actions à effectuer pour la taille de formation :   Le refléchage :

Certaines plantes ont des croissances uniquement dirigées par la flèche. Ce sont souvent le cas des conifères (Thuya, séquoia, Metasequoia…) mais aussi de certains feuillus, comme le bouleau, le charme, le Ginkgo…

La casse de la flèche de ces arbres, ou des autres arbres à l’état jeune, peut compromettre fortement l’aspect de la plante, il faut alors effectuer un refléchage. C'est aussi pour cette raison qu'il ne faut pas les étêter.



reflechage.jpg

On peut aussi effectuer un refléchage en attachant la branche latérale sur un tuteur fixé au tronc. Il faut cependant noter, que si la banche n’est pas attachée, elle va quand même se redresser, mais le tronc ne sera pas droit durant les premières années.

Assurer le bon état sanitaire :

Lors de la taille de formation, l’objectif est de préparer l’avenir de la plante. On ne conservera que des branches saines.

Restructurer pour réparer un accident important :

le recépage :

Sur une plante a subi un accident important, il est parfois utile de la receper pour la régénérer.

Premièrement recéper la plante mal formée ou abimée.

recepage 1.jpg

Après redémarrage, sélectionner la pousse qui formera le tronc recepage.jpg

Cette nouvelle pousse va bénéficier d’un système racinaire surdimensionné, ce qui va provoquer une croissance rapide de celle-ci et la création d’un nouveau tronc bien droit.

Sélectionner les charpentières:

Lors de la taille de formation, dès que la hauteur de la couronne est déterminée, il devient impératif de faire le choix des futures branches charpentières. Les charpentières seront réparties harmonieusement pour rayonner autour du tronc, et aussi étager le houppier de manière régulière.

Enlever les branches basses :

Cette opération est la principale lors de la taille de formation. C’est souvent le fait d’oublier de l’effectuer qui conduit par la suite à l’obligation de couper des branches de grosse section. Plus la branche est enlevée jeune, plus l’arbre va cicatriser rapidement et avoir un tronc droit et régulier.

Supprimer les gourmands et rameaux indésirables :

Ces rameaux apparaissent souvent suite à la coupe de branche de grosse section. L’opération qui consiste à les retirer se nomme : l’émondage. Les gourmands vont apparaitre plus facilement sur certaines essences comme les tilleuls.

Les rejets présents au pied de l’arbre (drageonnage) sont retirés pour des raisons esthétiques. Les peupliers, et lilas ont tendance à en former de nombreux.

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Les techniques de coupe :

Petites branches à feuilles alternes :

Sans-titre-20.jpg

Faire une incision en biais à environ 5mm au dessus de l’œil. La pente douce permettra à l'humidité de s'écouler le long de la coupe et limitera les maladies.

Petites branches à feuilles opposées :

Sans-titre-21.jpg

Couper net sur la tige, au-dessus d'une paire de bourgeons sains, aussi près que possible de ceux-ci, mais sans les heurter ni les abîmer. Une paire de pousses saines devrait se développer par la suite.   Grosses branches :

Emplacement de la coupe idéale :

technique de coupe :



elagage.jpg - La première coupe, 1, est faite sous la branche. - La coupe, 2, est faite sur le dessus, et plus loin. La première coupe empêche que ne se produise un déchirement de l’écorce lorsque la branche tombe. - La coupe, 3, est faite juste après le renflement de la branche, appelé épaulement de la branche (A). La coupe doit commencer par le dessus, à l'extérieur du bourrelet de jonction de la branche (C).

Les coupes ne doivent jamais être effectuées dans l'épaulement car cela gênerait la cicatrisation. Le tissu cicatriciel, B, finira par pousser en cercle à partir des côtés pour couvrir la plaie. Ne pas peindre la plaie de coupe. On sait maintenant que ce type de produits ralentit le processus de cicatrisation et peut même abriter dessous des organismes favorisant la pourriture.

Pour s’en souvenir facilement : On coupe pour obtenir une coupe la plus ronde possible, au plus près possible de l’épaulement, sans toucher celui-ci.

les conséquences de la coupe:

La cicatrisation d’une plaie :

Si la coupe est bonne, la plante cicatrise convenablement : cicatrisation branche.jpg Les évolutions de la pourriture dans la branche :

consequence elagage.jpg angle coupe branche.jpg

La branche crée des barrières naturelles de tanins, Pour se protéger. Ces barrières sont des vaisseaux que bouche la plante pour essayer de limiter la prolifération des champignons (mycéliums) dans ses tissus.

Progression de la pourriture suite à une coupe. pourriture arbre.jpg

Effet d’un frottement de branche sur une autre. usure tissus.jpg

Etêtage d’un noyer. etetage arbre La pourriture de la tête gagne l’intérieur du tronc. champignon etetage.jpg

Techniques à mettre en œuvre :

- Une bonne désinfection des outils évite la propagation des champignons. - Les outils sont toujours tranchants et les coupes les plus nettes possible. - Chaque coupe doit se situer sur un « passage de sève » sinon il ne cicatrisera pas. - Les coupes seront les plus petites possibles pour faciliter la cicatrisation. - Les arbres et arbustes nécessitent un entretien régulier pour éliminer le bois mort, et le branches qui frottent. - Lors d’une coupe, il est possible de prévoir quel bourgeon va redémarrer.

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La taille d’entretien :

Avant toute taille d’entretien, il convient de se poser les questions suivantes : - Pourquoi vais-je tailler cette plante ? - Quel aspect doit-elle avoir après la taille ? - Cette coupe va-t-elle lui permettre de vivre plus longtemps ?

Si on arrive à répondre à toutes ces questions, la taille devient une évidence de part sa technique et son utilité.

L’élagage.

L’élagage est un domaine très important. Et qui nécessite des compétences professionnelles. Cependant, il demande des connaissances particulières, tant au niveau de la plante qu’au niveau de la prise en compte des techniques et des dangers.

La prudence :

Lors d’un élagage, il faut toujours avoir à l’idée, la règle de la chaîne : « La résistance d’une chaine est égale à la résistance de son maillon le plus faible. » En pratique, si on associe des éléments de résistance 10tonnes, attachés par un élément de résistante 1 tonne, l’ensemble ne résistera qu’à 1 tonne. On pensera toujours à la résistance de l’arbre qui est inconnue. On ne travaille jamais seul. Il faut pouvoir donner l’alerte. On dispose toujours d’une trousse de secours. On travaille toujours attaché. Et si possible à 2 endroits différents.

Des élagueurs du dimanche, il y en a plein les cimetières.

Les Equipements obligatoires de sécurité. :

La tenue de sécurité de la personne qui reste au pied de l'arbre :

C’est la tenue de bucheronnage : ( si utilisation de la tronçonneuse ) - Chaussures ou bottes anti coupures - Pantalon anti coupure - Veste anti coupure - Gants - Casque avec anti bruit et lunettes ( Toutes ces tenues sont vendues dans les magasins professionnels ou chez les spécialistes des matériels d'espace vert) Un pantalon anti coupure qui coute le même prix qu'un jean de grande marque va arrêter une chaîne de tronçonneuse en moins d'une seconde ( une chaîne avance à 20mètres par seconde) Combien êtes vous prêt à payer pour pouvoir profiter de vos genoux sans boiter jusqu'à la fin de vos jours?



casque_elagage.jpgbottes_bucheron.jpgpantalon_anticoupure.jpgveste_bucheron.jpg

La tenue de sécurité de l’élagueur :

- Chaussures ou bottes anti coupures - Pantalon anti coupure - Manchettes anti coupure - Gants - Casque avec jugulaire, anti bruit et lunettes



chaussures_elagage.jpgmanchette_elagage.jpgcasque_antibruit.jpgcasque_elagage__2_.jpg

Les techniques de taille :

Ce qu’il faut éviter :

Les étêtages :

Personne ne laisserait une buche plantée droite dans le sol, car tout le monde sait que le dessus pourrirait à court terme. Alors pourquoi le faire pour un arbre. De plus les branches partiront du haut de l'arbre et tiendront sur de la pourriture. etetage_sapin_noel.jpgetetage_platane.jpg



Les coupes ridicules

elagage_erable.jpg

b) Ce vers quoi il faut tendre :

Pour les têtes de chat : tete_de_chat_taille.jpg

Pour un arbre adulte, il ne faut pas enlever plus de 30% de son volume, et aussi ne pas lui couper de grosses branches car cela fait d'énormes portes d'entrée pour les champignons, et autres pourritures.



Pour un saule pleureur : taille_douce_saule_pleureur.jpg

Pour un platane taille_douce_platane.jpg

Nettoyage de l’arbre, en lui conservant son volume

L’arbre est allégé, mais il garde sa forme. Il aura moins de prise au vent, moins de portes d’entrées pour les maladies, et on l’aura débarrassé de toutes les branches superflues, sans le mettre en danger.   Un arbre bien élagué reste beau, laisse passer la lumière, et n’est pas dangereux.

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